En 1840, une question obsède le Dr
Semmelweis (chirurgien obstétricien
hongrois 1818-1865) qui s’obstine à y
trouver une réponse :
« Pourquoi meurt on davantage (de la
fièvre puerpérale ) chez Klin que chez
Barcht.» ???
Alors que ces médecins travaillent dans
le même hôpital de Vienne mais dans
des pavillons différents (et que le Dr Klin
est le « directeur » de l’hôpital et donc
patron du Dr Semmelweis)
Dans le service du Dr Klin, la létalité
atteint 30%,
Dans le service de Barcht, 2% seulement.
Particularités :
• Le premier service est tenu par les
médecins et les étudiants en médecine.
• Le second par les sages-femmes et les
élèves sages-femmes.
Plus encore, le Dr Semmelweis note même
que les femmes qui accouchent dans la rue
(de peur de mourir à l'hôpital, tant est
grande la funèbre réputation du Dr Klin et
tant est connu dans la ville et ses alentours
le problème de son pavillon) sont épargnées
par la maladie.
Il obtient que les internes passent dans le
service de Bartch et les sages-femmes chez
Klin. Après cette permutation, la mortalité
par fièvre puerpérale passe immédiatement
à 27% le mois suivant chez Bartch. Il
s'empresse de mettre fin à l'expérience.
Le Dr Semmelweiss continua d’étudier
avec perspicacité, et fut le premier à
conclure que la « transmission du processus
pathogène » était manu portée car les
femmes examinées par les élèves sagesfemmes
étaient beaucoup moins souvent
atteintes par la fièvre puerpérale.
or, les sages-femmes n'avaient pas
accès à la salle d'anatomie
alors que les étudiants en médecine
venaient examiner les femmes en travail
après avoir disséqué des cadavres, sans
s'être lavé les mains.
« Ce sont, note ce dernier, les doigts des
étudiants, souillés au cours de récentes
dissections, qui vont porter les fatales
particules cadavériques dans les
organes génitaux des femmes enceintes
et surtout au niveau du col de l'utérus ».
Semmelweis venait de toucher les
microbes sans les voir. Et sans en
connaître le mécanisme précis, il allait
aussi trouver la meilleure façon de prévenir
l'infection: l'asepsie. « Les mains,
par leurs seuls contacts, peuvent devenir
infectantes », écrit-il.
Le Dr Klin fut scandalisé par les conclusions
du Dr Semmelweiss qui désignait les
médecins comme responsables et essayait
de leur imposer le lavage des mains.
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« Monsieur Semmelweis prétend que
nous transportons sur nos mains de
petites choses qui seraient la cause de la
fièvre puerpérale. Quelles sont ces
petites choses, ces particules qu'aucun
oeil ne peut voir ? C'est ridicule ! Les
petites choses de Monsieur Semmelweis
n'existent que dans son imagination ! ».
Il prendra ombrage des travaux de
Semmelweiss et le licenciera le 20 mars
1849. Il l’empêchera ensuite d’exercer
en Hongrie puis en Autriche. (Le Dr
Semmelweiss ira quelques temps à
Venise comme anatomo-pathologiste)
En mai 1851, le Dr Semmelweis accepte
un poste dans la clinique obstétricale
du professeur Birley (ville de Buda en
face de la ville de Pest qui deviendront
en se réunissant Budapest) et y applique
sa méthode de lavage systématique des
mains au chlorure de chaux.
Résultats :
0,85 % de fièvre puerpérale…
C'est à partir de ce moment qu'il commença
la rédaction de l’ouvrage qu'il
mettra quatre ans à rédiger :
« L'ETIOLOGIE
DE LA FIEVRE PUERPERALE ».
L’Académie de Médecine de Paris à
laquelle il communiqua ses travaux ne
lui répondra jamais…
Mais
En 1922, l’étudiant en médecine L.F.
Destouches effectue un stage à la Maternité
Tarnier à Paris, et poursuit ses
études dans la capitale. Il fait un second
stage obstétrical en janvier 1923 à l'Hôpital
Cochin. Il fréquente également le
laboratoire de Félix Mesnil à l'Institut
Pasteur. Il réactualise l’importance du
lavage des mains dans la prévention
des infections et s’appuie sur les travaux
de son prédécesseur qu’il admire. Il soutiendra
le premier mai 1924 à Rennes
sa thèse qui s’intitule
« LA VIE ET L’OEUVRE
DE PHILIPPE IGNACE SEMMELWEIS»
Cette thèse est écrite entre deux romans :
« Voyage au bout de la nuit » et « Mort
à crédit ».
car le Docteur L.F. Destouches n’est autre
que l’écrivain Louis-Ferdinand Céline.
Commentaire de Céline : « La Musique,
la Beauté sont en nous et nulle part
ailleurs dans le monde insensible qui
nous entoure. Les grandes oeuvres sont
celles qui réveillent notre génie, les
grands hommes sont ceux qui lui donnent
une forme. » |